Après dix ans de travail acharné, de pérégrinations et de plaidoyers à travers trente-huit pays pour promouvoir la culture du renseignement légal, le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) franchit une étape importante. Désormais, nous avons le privilège d’enseigner l’intelligence économique augmentée au sein de la prestigieuse École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) du Cameroun, une porte vers le New Public Management (NPM)
À l’invitation de son Directeur général, j’ai eu l’honneur de donner la leçon inaugurale le 14 août 2026 dans le grand amphithéâtre de l’école. Devant un demi-millier d’élèves venus de toutes les divisions et filières, nous avons échangé autour des enjeux critiques de l’intelligence économique en Afrique. Face à ces futurs cadres administratifs et magistrats de plusieurs nationalités, mon message tenait en une conviction profonde : l’information est le moteur de notre puissance future.
Cette entrée à l’ENAM n’est pas un accomplissement personnel ou une fin en soi. Non. Elle s’inscrit davantage au cœur des transformations indispensables de la gestion publique. Les principes du NPM, qui me sont si chers, nous rappellent que nos institutions doivent constamment rechercher l’efficacité, la transparence, la gestion par objectifs et une adaptabilité sans faille face aux mutations du monde et des technologies.
Sur notre continent, la vulnérabilité la plus sous-estimée reste l’asymétrie informationnelle. Un État, comme le Cameroun, peut parfaitement disposer de ressources abondantes, d’une jeunesse vibrante et d’un marché prometteur, mais perdre des arbitrages majeurs faute d’avoir anticipé les risques ou maîtrisé les données stratégiques. En apprenant à nos futurs dirigeants à structurer une veille efficace et à marier l’accélération offerte par l’intelligence artificielle au discernement éthique humain, nous posons les jalons d’une administration publique augmentée.
Loin d’être un sommet, cette étape constitue simplement un début. Si l’arrivée de nos cours à l’ENAM représente un modeste pas à l’échelle de l’établissement, je suis convaincu qu’elle amorce un mouvement décisif pour l’avenir de nos administrations publiques et judiciaires. En dotant notre jeunesse des outils pour protéger nos actifs et guider l’action publique avec clairvoyance, dans une perspective de compétitivité, nous construisons ensemble, pas à pas et avec humilité, notre souveraineté globale.
Guy Gweth